Cette pierre précieuse,
préférée des femmes est devenue le symbole de l’éternité. Le diamant est en
effet le minéral le plus dur qui existe et son commerce est aussi mystérieux
que son prix, élevé. Entrons donc dans son univers secret.
Principalement composé de
carbone, le diamant est formé à très haute température dans le manteau de la
Terre et remonte lors des éruptions volcaniques.
Après son extraction, et il
vendu soit brut soit taillé dans l’une des 21 bourses de diamant dans le
monde. Ces bourses dans lesquelles les diamants sont échangés ne ressemblent
en rien aux bourses traditionnelles.
Dans un espace de à peine 2
km2, c’est plus de 18 milliards de dollars qui s’échangent par an à la bourse
d’Anvers. Cette bourse traite 80% de la production mondiale de diamant brut.
On y négocie, discute de la valeur de la qualité, de la valeur de chaque offre
et demande autour d’une table, entre gentlemen. Aucun contrat n’y est signé,
la parole de chacun des négociants suffit. Parmi les autres grandes bourses de
diamant on retrouve celles de Londres, New York et Tel-Aviv.
Le diamant est principalement
utilisé en joaillerie mais il faut savoir qu’il existe une forte demande de
diamant dans l’industrie. En effet, les propriétés (notamment de dureté) du
diamant font de cette pierre précieuse un matériel incontournable pour
certains appareils. La plupart de ces diamants sont en fait des diamants de
synthèse dont la taille maximale n’est pas suffisante pour être couramment
utilisé en joaillerie.
Les pays producteurs
En 2005, la production
mondiale de diamants était de 173,5 millions de carats et les quatre
principaux producteurs sont la Russie, le Botswana, l’Australie et la
République démocratique du Congo qui produisent à eux quatre un peu plus de
73% de la production mondiale.
Les leaders du marché et
le monopole de De Beers
Parmi les grandes entreprises
du diamant deux russes (Alrosa et Rin Tino) et une sud-africaine : De Beers,
le leader du marché. Cette compagnie sud-africaine contrôle entre 70% et 80%
de la production mondiale de diamant brut.
Ces trois principaux acteurs
représentent 75 % de la production mondiale en 2004. En terme de masse, De
Beersest le producteur
mondial n°1, avec 46,6 Mct, grâce à sa production d’Afrique du Sud et par le
jeu de ses participations, notamment au Botswana (Debswana) et en Namibie (Namdeb).
Le second est la compagnie russe de Yakoutie, Almazy Rossii-Sakha (Alrosa),
qui produit 32 Mct. Le troisième est le groupe diversifié Rio Tinto qui
produit 35 Mct. Pour 2005, les données disponibles des productions de ces
trois majors font état, respectivement, de 48,9 Mct, 35 Mct et 35,7 Mct.
En terme de valeur, dans un
marché global de 11,2 Md$ en 2004, leurs ventes respectives ont atteint 5,7 Md$,
2,6 Md$ et 1,0 Md$. Les valeurs annoncées 2005 sont de 6,5 Md$ pour De Beers,
valeur non communiquée pour Alrosa, 1,1 Md$ pour Rio Tinto.
Ces trois entreprises
contrôlent toutes les étapes de ce marché, de l’exploration à la vente des
pierres, en passant par le taillage des diamants
La comparaison des valeurs
ajoutées aux différentes étapes de la filière montre bien l’intérêt pour les
pays producteurs de s’investir vers les activités aval de celle-ci. On
constate que le produit des ventes des productions est le triple du coût de
production, que celui des pierres taillées double celui des ventes de pierres
brutes tandis que la valeur en distribution finale (joaillerie) triple encore
la valeur des pierres taillées, pour finir à plus de 60 Md$.
L’importance
des sommes en jeu et des valorisations réalisables explique donc l’agitation
du marché du diamant. Dans le cas De Beers, sa position dominante, son contrat
de rachat d’une partie de la production russe (pour 800 M$/an) et sa politique
de distribution sélective ont attiré l’attention critique de la CE. En effet,
De Beers distribue ses diamants bruts pour la joaillerie par l’intermédiaire
d’un réseau de clients sélectionnés, ou » sightholders « , affiliés depuis
2000 à sa nouvelle stratégie de » Supplier of Choice ». Il s’agit d’une
pratique propre au marché du diamant. Les diamants destinés à la vente sont
tout d’abord classés par la CSO en fonction de leur poids, de leur forme et de
leur couleur, puis ils sont répartis en lots destiné à chacun des 300
acheteurs agréés au monde. Chaque acheteur est servi avec la même
application et est invité à venir considérer le lot qui lui est régulièrement
attribué. Et ce, dix fois par an. Ce lot peut être discuté, commenté pour
d’autres attributions à l’avenir. Mais pas refusé. Il est à acheter tel
quel…Si l’acheteur ne le prend pas, le contrat moral qui oblige la CSO à le
fournir est rompu: l’acheteur est rayé de la liste d’agrément et ne peut plus
être alimenté en pierres. Ce qui équivaut, dans ce monde très fermé, à un
suicide professionnel. Ce système a été instauré avec l’accord de la CE pour
relancer le marché du diamant en panne de croissance, avec l’objectif
d’impliquer les acheteurs de manière plus dynamique dans la promotion et la
commercialisation aval.
Une caractéristique : il
n’y pas de cours du diamant
Le diamant s’échange de gré à
gré sans être régi par un cours mondial, comme l’or ou le pétrole. Une vente
se conclut sans autre formalité que la poignée de main de l’acheteur et du
vendeur. Traditionnellement, ce sont les producteurs, comme la De Beers (50 %
du marché), qui fixaient les règles du secteur. Autant dire que la firme
sud-africaine, tout comme les diamantaires d’Anvers, de Tel-Aviv ou de New
York, voient d’un assez mauvais oeil les projets de banquiers pour encadrer ce
commerce. Avec l’expert Martin Rapaport, ABN Amro promeut la création de
produits dérivés financiers reflétant la valeur du diamant, qui pourrait être
coté à New York. Un site Internet, PolishedPrices, avec le Chicago Board of
Trade, le London Metal Exchange et Cargill, travaille aussi à la création d’un
tel indicateur. Leur objectif : en finir avec l’opacité et les risques du
commerce de diamants.
Les problèmes du marché
Le
diamant et la guerre : un véritable problème d’éthique
Un véritable problème se pose
autour du commerce du diamant et ce depuis des décennies : celui de la
relation entre le commerce du diamant et les guerres en Afrique. En effet, les
diamants de sang est une expression aujourd’hui couramment employée pour
décrire les diamants vendus pour acheter des armes et faire la guerre. Face à
ce phénomène la certification Kimberley permet d’établir une garantie pour le
commerce du diamant brut que le diamant n’a pas servit à financer la guerre.
Le
marché du diamant : non épargné par la crise
Extrait de blogfinance,
par Elisabeth Studer, Février 2009
« De Beers a annoncé dans
un communiqué que son chiffre d’affaires n’avait progresé que d’un
« malheureux » 1% en 2008, à 6,888 milliards de dollars. Son bénéfice
sous-jacent a quant à lui progressé de 7%, à 515 millions de dollars. Au
total, le groupe a produit 48,1 millions de carats, contre 51,1 millions en
2007. »
Mais le secteur n’est pas
délaissé des mesures anti-crises comme en témoigne cet extrait des Echos,
du 21 Août 2009
« L’industrie du diamant
va bénéficier d’une aide de 770 millions d’euros en Russie
Vladimir Poutine a par
ailleurs annoncé que l’Etat russe allait aider le géant public du secteur
Alrosa à restructurer sa dette auprès de ses créanciers russes et étrangers.
Le Premier ministre,
Vladimir Poutine, a annoncé vendredi que l’Etat russe prévoyait de verser près
de 800 millions d’euros cette année à l’industrie russe du diamant, durement
touchée par la crise économique mondiale. »
mars 26th, 2010 → 10:31 @ Transac
Cette pierre précieuse, préférée des femmes est devenue le symbole de l’éternité. Le diamant est en effet le minéral le plus dur qui existe et son commerce est aussi mystérieux que son prix, élevé. Entrons donc dans son univers secret.
Principalement composé de carbone, le diamant est formé à très haute température dans le manteau de la Terre et remonte lors des éruptions volcaniques.
Après son extraction, et il vendu soit brut soit taillé dans l’une des 21 bourses de diamant dans le monde. Ces bourses dans lesquelles les diamants sont échangés ne ressemblent en rien aux bourses traditionnelles.
Dans un espace de à peine 2 km2, c’est plus de 18 milliards de dollars qui s’échangent par an à la bourse d’Anvers. Cette bourse traite 80% de la production mondiale de diamant brut. On y négocie, discute de la valeur de la qualité, de la valeur de chaque offre et demande autour d’une table, entre gentlemen. Aucun contrat n’y est signé, la parole de chacun des négociants suffit. Parmi les autres grandes bourses de diamant on retrouve celles de Londres, New York et Tel-Aviv.
Le diamant est principalement utilisé en joaillerie mais il faut savoir qu’il existe une forte demande de diamant dans l’industrie. En effet, les propriétés (notamment de dureté) du diamant font de cette pierre précieuse un matériel incontournable pour certains appareils. La plupart de ces diamants sont en fait des diamants de synthèse dont la taille maximale n’est pas suffisante pour être couramment utilisé en joaillerie.
Les pays producteurs
En 2005, la production mondiale de diamants était de 173,5 millions de carats et les quatre principaux producteurs sont la Russie, le Botswana, l’Australie et la République démocratique du Congo qui produisent à eux quatre un peu plus de 73% de la production mondiale.
Les leaders du marché et le monopole de De Beers
Parmi les grandes entreprises du diamant deux russes (Alrosa et Rin Tino) et une sud-africaine : De Beers, le leader du marché. Cette compagnie sud-africaine contrôle entre 70% et 80% de la production mondiale de diamant brut.
Ces trois principaux acteurs représentent 75 % de la production mondiale en 2004. En terme de masse, De Beers est le producteur mondial n°1, avec 46,6 Mct, grâce à sa production d’Afrique du Sud et par le jeu de ses participations, notamment au Botswana (Debswana) et en Namibie (Namdeb). Le second est la compagnie russe de Yakoutie, Almazy Rossii-Sakha (Alrosa), qui produit 32 Mct. Le troisième est le groupe diversifié Rio Tinto qui produit 35 Mct. Pour 2005, les données disponibles des productions de ces trois majors font état, respectivement, de 48,9 Mct, 35 Mct et 35,7 Mct.
En terme de valeur, dans un marché global de 11,2 Md$ en 2004, leurs ventes respectives ont atteint 5,7 Md$, 2,6 Md$ et 1,0 Md$. Les valeurs annoncées 2005 sont de 6,5 Md$ pour De Beers, valeur non communiquée pour Alrosa, 1,1 Md$ pour Rio Tinto.
Ces trois entreprises contrôlent toutes les étapes de ce marché, de l’exploration à la vente des pierres, en passant par le taillage des diamants
La comparaison des valeurs ajoutées aux différentes étapes de la filière montre bien l’intérêt pour les pays producteurs de s’investir vers les activités aval de celle-ci. On constate que le produit des ventes des productions est le triple du coût de production, que celui des pierres taillées double celui des ventes de pierres brutes tandis que la valeur en distribution finale (joaillerie) triple encore la valeur des pierres taillées, pour finir à plus de 60 Md$.
L’importance des sommes en jeu et des valorisations réalisables explique donc l’agitation du marché du diamant. Dans le cas De Beers, sa position dominante, son contrat de rachat d’une partie de la production russe (pour 800 M$/an) et sa politique de distribution sélective ont attiré l’attention critique de la CE. En effet, De Beers distribue ses diamants bruts pour la joaillerie par l’intermédiaire d’un réseau de clients sélectionnés, ou » sightholders « , affiliés depuis 2000 à sa nouvelle stratégie de » Supplier of Choice ». Il s’agit d’une pratique propre au marché du diamant. Les diamants destinés à la vente sont tout d’abord classés par la CSO en fonction de leur poids, de leur forme et de leur couleur, puis ils sont répartis en lots destiné à chacun des 300 acheteurs agréés au monde. Chaque acheteur est servi avec la même application et est invité à venir considérer le lot qui lui est régulièrement attribué. Et ce, dix fois par an. Ce lot peut être discuté, commenté pour d’autres attributions à l’avenir. Mais pas refusé. Il est à acheter tel quel…Si l’acheteur ne le prend pas, le contrat moral qui oblige la CSO à le fournir est rompu: l’acheteur est rayé de la liste d’agrément et ne peut plus être alimenté en pierres. Ce qui équivaut, dans ce monde très fermé, à un suicide professionnel. Ce système a été instauré avec l’accord de la CE pour relancer le marché du diamant en panne de croissance, avec l’objectif d’impliquer les acheteurs de manière plus dynamique dans la promotion et la commercialisation aval.
Une caractéristique : il n’y pas de cours du diamant
Le diamant s’échange de gré à gré sans être régi par un cours mondial, comme l’or ou le pétrole. Une vente se conclut sans autre formalité que la poignée de main de l’acheteur et du vendeur. Traditionnellement, ce sont les producteurs, comme la De Beers (50 % du marché), qui fixaient les règles du secteur. Autant dire que la firme sud-africaine, tout comme les diamantaires d’Anvers, de Tel-Aviv ou de New York, voient d’un assez mauvais oeil les projets de banquiers pour encadrer ce commerce. Avec l’expert Martin Rapaport, ABN Amro promeut la création de produits dérivés financiers reflétant la valeur du diamant, qui pourrait être coté à New York. Un site Internet, PolishedPrices, avec le Chicago Board of Trade, le London Metal Exchange et Cargill, travaille aussi à la création d’un tel indicateur. Leur objectif : en finir avec l’opacité et les risques du commerce de diamants.
Les problèmes du marché
Le diamant et la guerre : un véritable problème d’éthique
Un véritable problème se pose autour du commerce du diamant et ce depuis des décennies : celui de la relation entre le commerce du diamant et les guerres en Afrique. En effet, les diamants de sang est une expression aujourd’hui couramment employée pour décrire les diamants vendus pour acheter des armes et faire la guerre. Face à ce phénomène la certification Kimberley permet d’établir une garantie pour le commerce du diamant brut que le diamant n’a pas servit à financer la guerre.
Le marché du diamant : non épargné par la crise
Extrait de blogfinance, par Elisabeth Studer, Février 2009
« De Beers a annoncé dans un communiqué que son chiffre d’affaires n’avait progresé que d’un « malheureux » 1% en 2008, à 6,888 milliards de dollars. Son bénéfice sous-jacent a quant à lui progressé de 7%, à 515 millions de dollars. Au total, le groupe a produit 48,1 millions de carats, contre 51,1 millions en 2007. »
Mais le secteur n’est pas délaissé des mesures anti-crises comme en témoigne cet extrait des Echos, du 21 Août 2009
« L’industrie du diamant va bénéficier d’une aide de 770 millions d’euros en Russie
Vladimir Poutine a par ailleurs annoncé que l’Etat russe allait aider le géant public du secteur Alrosa à restructurer sa dette auprès de ses créanciers russes et étrangers.
Le Premier ministre, Vladimir Poutine, a annoncé vendredi que l’Etat russe prévoyait de verser près de 800 millions d’euros cette année à l’industrie russe du diamant, durement touchée par la crise économique mondiale. »