Jeffrey Ovian de nationalité canadienne vient de
succéder à Christine Tusse à la tête de la minière de Bakwanga, Miba en sigle.
Cette décision de Jeannine Mabunda, ministre du portefeuille, intervenue le
mercredi 24 novembre, a été vivement critiquée par les syndicalistes car
estiment ils, l’ex-PAD Christine Tusse n’a pas démérité, loin s’en faut. La
remise et reprise s’est déroulée le jeudi au siège de la Miba à Mbuji mayi.
Cette décision totalement assumée par Jeannine Mabunda est d’autant plus
curieuse que l’expert canadien qui vient de prendre les rênes de cette société
d’économie mixte n’en est pas un selon un syndicaliste qui a requis l’anonymat.
En effet, selon ce dernier, le passé de Jeffrey Ovian renseigne qu’il a été
chassé de First quantum minéral, la multinationale canadienne qui opérait il y a
peu dans le secteur cuprocobaltifère dans la province du Katanga. On apprend
qu’H était à la tête de l’une des filiales de FQM en RDC, précisément Frontier
SPRL opérant à Sakania, il en a été éjecté pour incompétence par ses propres
frères canadiens, une fois qu’ils s’étaient rendu compte de la supercherie.
Cette supercherie avait était découverte par la contradiction des diplômes mis
en exergue par Jeffrey avec le management chaotique d’une des mines que FQM lui
avait confiée. Il ne comprenait rien aux mines lâche un cadre de FQM. Dans ces
conditions s’interrogent les syndicalistes comment le Gouvernement lui a confié
la tâche de redynamiser la Miba alors que son expertise ne fait pas autorité
dans le secteur minier d’une part et que d’autre part les problèmes auxquels
sont confrontés la Miba sont très graves. Qu’à cela ne tienne, Jeffrey Ovian
soutenu par la ministre du portefeuille et le Copirep, espère relancer la
production diamantifère à la Miba en dépit de mauvais rapports qu’entretiennent
le Gouvernement et Mwanafrica, l’autre actionnaire de la Miba. Cependant,
certains experts estiment que la nomination de Jeffrey Ovian ne va rien résoudre
car les problèmes de la Miba sont structurels et nécessite une volonté politique
affichée du Gouvernement. Cette volonté signifie que le gouvernement doit mettre
la main à la patte. Pour rappel, la Miba est quasiment en faillite depuis plus
de trois ans car toute son activité d’exploitation est à l’arrêt. Elle n’arrive
plus à verser les salaires de son personnel ni à payer ses nombreux
fournisseurs. Chaque jour qui passe sa dette sociale augmente. A ceci s’ajoute
la vétusté de l’outil de production, l’appauvrissement du polygone et l’absence
d’un fonds de roulement. Tout ceci avait donné lieu à un plan de relance de
l’ordre de 200 millions de dollars américains. Cette rondelette somme les
sociétés sud-africaines ABSA et DEBEERS étaient prêtes à la débourser moyennant
une minoration des actions de l’Etat congolais à leur profit. A leurs yeux
l’acquisition d’une part substantielle des actions de la Miba est la meilleure
garantie contre le défaut de paiement de leur crédit par la Miba ou le
Gouvernement. Le gouvernement pour sa part préconise la relance de la Miba à
travers la certification de réserves de la Miba, laquelle permettra de lever les
capitaux nécessaires à sa relance. Le comité actuel va appliquer l’option du
Gouvernement et pour ce faire, a pour seul à tout pour l’instant le chèque de 10
millions de dollars octroyé par le chef de l’Etat lors de son passage dans la
capitale diamantifère. La modicité de cette somme laisse perplexe car elle ne
suffira ni à certifier les réserves ni à renouveler l’outil de production ni
moins encore à constituer un fonds de roulement estime un mandataire en mines et
carrières Un autre obstacle à surmonter par l’actuelle équipe gouvernementale
est le fait que l’autre copropriétaire de la Miba, Mwanafrica est écarté
systématiquement de toutes les décisions stratégiques qui engagent la Miba.
Celui-ci s’en est plaint plus d’une fois. Tous ces faits font dire aux
syndicalistes que la Miba n’est pas encore tirée d’affaires.
Mathieu Kepa