Jeu de chaises musicales à la Miba : Jeffrey Ovian nouveau PAD déjà contesté

Samedi, 27 Novembre 2010 16:32
 

Jeffrey Ovian de nationalité canadienne vient de succéder à Christine Tusse à la tête de la minière de Bakwanga, Miba en sigle. Cette décision de Jeannine Mabunda, ministre du portefeuille, intervenue le mercredi 24 novembre, a été vivement critiquée par les syndicalistes car estiment ils, l’ex-PAD Christine Tusse n’a pas démérité, loin s’en faut. La remise et reprise s’est déroulée le jeudi au siège de la Miba à Mbuji mayi.
Cette décision totalement assumée par Jeannine Mabunda est d’autant plus curieuse que l’expert canadien qui vient de prendre les rênes de cette société d’économie mixte n’en est pas un selon un syndicaliste qui a requis l’anonymat. En effet, selon ce dernier, le passé de Jeffrey Ovian renseigne qu’il a été chassé de First quantum minéral, la multinationale canadienne qui opérait il y a peu dans le secteur cuprocobaltifère dans la province du Katanga. On apprend qu’H était à la tête de l’une des filiales de FQM en RDC, précisément Frontier SPRL opérant à Sakania, il en a été éjecté pour incompétence par ses propres frères canadiens, une fois qu’ils s’étaient rendu compte de la supercherie. Cette supercherie avait était découverte par la contradiction des diplômes mis en exergue par Jeffrey avec le management chaotique d’une des mines que FQM lui avait confiée. Il ne comprenait rien aux mines lâche un cadre de FQM. Dans ces conditions s’interrogent les syndicalistes comment le Gouvernement lui a confié la tâche de redynamiser la Miba alors que son expertise ne fait pas autorité dans le secteur minier d’une part et que d’autre part les problèmes auxquels sont confrontés la Miba sont très graves. Qu’à cela ne tienne, Jeffrey Ovian soutenu par la ministre du portefeuille et le Copirep, espère relancer la production diamantifère à la Miba en dépit de mauvais rapports qu’entretiennent le Gouvernement et Mwanafrica, l’autre actionnaire de la Miba. Cependant, certains experts estiment que la nomination de Jeffrey Ovian ne va rien résoudre car les problèmes de la Miba sont structurels et nécessite une volonté politique affichée du Gouvernement. Cette volonté signifie que le gouvernement doit mettre la main à la patte. Pour rappel, la Miba est quasiment en faillite depuis plus de trois ans car toute son activité d’exploitation est à l’arrêt. Elle n’arrive plus à verser les salaires de son personnel ni à payer ses nombreux fournisseurs. Chaque jour qui passe sa dette sociale augmente. A ceci s’ajoute la vétusté de l’outil de production, l’appauvrissement du polygone et l’absence d’un fonds de roulement. Tout ceci avait donné lieu à un plan de relance de l’ordre de 200 millions de dollars américains. Cette rondelette somme les sociétés sud-africaines ABSA et DEBEERS étaient prêtes à la débourser moyennant une minoration des actions de l’Etat congolais à leur profit. A leurs yeux l’acquisition d’une part substantielle des actions de la Miba est la meilleure garantie contre le défaut de paiement de leur crédit par la Miba ou le Gouvernement. Le gouvernement pour sa part préconise la relance de la Miba à travers la certification de réserves de la Miba, laquelle permettra de lever les capitaux nécessaires à sa relance. Le comité actuel va appliquer l’option du Gouvernement et pour ce faire, a pour seul à tout pour l’instant le chèque de 10 millions de dollars octroyé par le chef de l’Etat lors de son passage dans la capitale diamantifère. La modicité de cette somme laisse perplexe car elle ne suffira ni à certifier les réserves ni à renouveler l’outil de production ni moins encore à constituer un fonds de roulement estime un mandataire en mines et carrières Un autre obstacle à surmonter par l’actuelle équipe gouvernementale est le fait que l’autre copropriétaire de la Miba, Mwanafrica est écarté systématiquement de toutes les décisions stratégiques qui engagent la Miba. Celui-ci s’en est plaint plus d’une fois. Tous ces faits font dire aux syndicalistes que la Miba n’est pas encore tirée d’affaires.

Mathieu Kepa